Mis à jour le 30 août 202611 min de lecture18+
Fiscalité · Gains des joueurs

Impôt sur les gains de paris en RDC : 10 % ad valorem, et qui les paie

Une taxe congolaise frappe directement les gains versés aux parieurs : 10 % ad valorem, due chaque mois au plus tard le 15 du mois suivant. Elle n’est presque jamais expliquée sur les sites de paris, alors qu’elle explique une partie de l’écart entre le montant annoncé après un pari gagnant et ce qui arrive réellement sur M-Pesa. Cette page donne le texte applicable, le calendrier de paiement et la façon de vérifier ce que votre opérateur retient vraiment.

10 % sur les gainsDû le 15 du mois suivantPerçu par les Finances
La règle applicableVérifier sur votre compte

Une taxe que personne ne vous explique

Vous gagnez un pari, l’écran affiche un montant, et la somme créditée ne correspond pas tout à fait. Trois causes possibles : les frais du portefeuille mobile, une règle de bonus que vous n’avez pas vue, ou la fiscalité congolaise sur les gains.

La troisième est la moins connue et la plus régulière. Depuis la loi de finances n°23/056 du 10 décembre 2023, dont l’article 46 a déplacé la fiscalité des jeux vers le ministère des Finances, deux prélèvements structurent le secteur. L’un vise l’activité de l’exploitant. L’autre vise directement ce que vous encaissez.

La règle en une ligne

La taxe ad valorem sur les gains est de 10 %. Elle est due mensuellement, au plus tard le 15 du mois suivant celui au cours duquel les gains ont été versés, selon l’arrêté ministériel n°024/CAB/MIN/FINANCES/2024 du 30 juillet 2024, publié au Journal officiel le 7 août 2024.

Les trois opérateurs que nous suivons en RDC

Avant d’entrer dans le détail fiscal, voici les trois opérateurs sur lesquels porte ce guide. La fiscalité s’applique de la même façon quel que soit le site ; ce qui change, c’est la clarté avec laquelle chacun affiche ce qu’il retient.

Logo 1win

1win

Compte tenu en francs congolais et les trois portefeuilles mobiles du pays, avec une offre casino nettement plus large que celle de ses concurrents directs. Aucune mention publique d’une retenue fiscale congolaise sur ses pages d’aide.

Compte en CDFM-Pesa, Airtel, OrangeAucun numéro congolais publié
Compte en CDFOuvrir le site
Logo Betwinner

Betwinner

Le dossier le plus documenté des trois : société exploitante nommée, numéro d’immatriculation, licence de jeu et agent de paiement, tous publiés au pied de page. Les conditions générales renvoient à la fiscalité du pays de résidence du joueur.

Licence Curaçao publiéeExploitant nomméNuméro RCCM congolais
Statut le plus documentéOuvrir le site
Logo 1xBet

1xBet

Le plus utilisé du pays, et le seul à revendiquer un titre congolais : un numéro présenté comme délivré par la SONAL en 2018, dont le format est celui du registre du commerce. Revendique un enregistrement local, ce qui impliquerait les obligations fiscales qui vont avec.

Revendique un titre congolaisFormat RCCMSources contradictoires
Le plus utilisé en RDCOuvrir le site
Pourquoi nous ne donnons pas un ordre unique

Un opérateur peut être premier sur la largeur du casino, deuxième sur la transparence du statut et troisième sur le délai de retrait. Fabriquer un classement unique reviendrait à cacher ces différences derrière un chiffre. Chaque page classe selon la question qu’elle traite, et le dit.

Le texte applicable, et d’où il vient

La fiscalité des jeux congolais s’est reconstruite en trois étapes, entre 2018 et 2024.

Ordonnance-loi n°18/003 du 13 mars 2018

Elle fixe la nomenclature des droits, taxes et redevances du pouvoir central. Les jeux y figurent, et son article 8 prévoit les sanctions applicables aux exploitants défaillants.

Loi de finances n°23/056 du 10 décembre 2023

Son article 46 sort la fiscalité des jeux de l’annexe XV, celle des sports et loisirs, pour la placer sous l’annexe V, celle du ministère des Finances. Le changement d’annexe est le point de bascule : il change l’administration compétente.

Arrêté n°024/CAB/MIN/FINANCES/2024 du 30 juillet 2024

Il fixe les taux et les modalités de paiement, dont les 10 % ad valorem sur les gains et l’échéance du 15 du mois suivant. Publié au Journal officiel dans un numéro spécial du 7 août 2024.

C’est ce dernier arrêté que le ministère des Finances a rappelé aux exploitants dans son communiqué du 5 mars 2026, en même temps qu’il fixait les premières échéances de mise en conformité. Le cadre n’est donc ni ancien ni théorique : il est en cours d’application, avec des contrôles qui ont commencé.

Deux taxes à ne pas confondre

Les discussions publiques mélangent souvent les deux prélèvements. Ils n’ont ni la même base, ni le même redevable, ni le même effet sur votre compte.

La taxe sur l’autorisation d’exploitation

Elle frappe le droit d’exercer. C’est une charge annuelle de l’entreprise, sans rapport avec vos paris. Elle ne devrait jamais apparaître sur votre relevé.

La taxe ad valorem sur les gains

Elle frappe les gains versés aux joueurs, au taux de 10 %. C’est celle qui vous concerne, même si ce n’est pas vous qui remplissez la déclaration.

La distinction compte au moment d’une discussion avec un service client. Un opérateur qui justifie une retenue par « la taxe d’exploitation » se trompe de prélèvement, ou espère que vous ne ferez pas la différence.

Qui paie concrètement, et à quel moment

Vous ne remplissez aucun formulaire et ne vous rendez à aucun guichet. La mécanique se joue entre l’opérateur et l’administration ; vous n’en voyez que le résultat.

Le parieur ne déclare rien, mais il paie quand même : la retenue est faite en amont, sur le montant qu’on lui verse.Ce qu’il faut retenir

Sur quoi porte exactement le pourcentage

Ici commence la zone où nous ne pouvons pas être catégoriques, et nous préférons le dire.

Le taux de 10 % et l’échéance sont établis par l’arrêté. En revanche, la façon dont chaque opérateur construit sa base de calcul n’est pas publiée : selon les cas, un site peut appliquer le pourcentage au montant total crédité après un pari gagnant, ou seulement au bénéfice net une fois la mise déduite. L’écart entre les deux lectures est loin d’être négligeable pour le joueur.

Pari de 10 000 CDF, cote 2,50Lecture « montant crédité »Lecture « bénéfice net »
Retour brut25 000 CDF25 000 CDF
Base retenue pour la taxe25 000 CDF15 000 CDF
Taxe à 10 %2 500 CDF1 500 CDF
Reste au joueur22 500 CDF23 500 CDF
Exemple de lecture, pas barème officiel

Le tableau ci-dessus illustre deux interprétations possibles d’une même règle. Il ne constitue pas un barème publié par l’administration, et nous n’avons trouvé aucun document public tranchant la question pour les paris en ligne. Fiez-vous à ce que montre votre historique de transactions, pas à une simulation.

Vérifier ce que votre opérateur retient

Quatre minutes dans l’historique de votre compte valent mieux que toutes les explications du service client.

Notez le gain affiché au moment du règlement du pari

Faites une capture d’écran. C’est la seule valeur que l’opérateur ne peut pas reformuler après coup.

Comparez avec le solde après règlement

Si l’écart est nul, aucune retenue n’a été faite à ce stade. S’il correspond à un dixième d’un montant rond, vous tenez probablement la taxe.

Refaites le calcul au moment du retrait

Certains sites prélèvent au règlement du pari, d’autres au retrait. Les frais du portefeuille mobile s’ajoutent à cette étape et brouillent la lecture : isolez-les.

Demandez une ventilation écrite

Une seule question au support : quel montant a été retenu au titre de la taxe congolaise sur les gains, et sur quelle base ? Conservez la réponse.

Retraits et délais

Ce qui est réellement prélevé au moment de sortir l’argent, frais de portefeuille compris, et les limites par transaction.

Voir les retraits

Licences et statut

Pourquoi le numéro affiché par un opérateur ne prouve pas ce qu’on vous laisse croire.

Lire le dossier

En cas de litige

Les recours disponibles depuis la RDC, dans l’ordre où il faut les tenter.

Voir la marche à suivre

Et si l’opérateur ne retient rien ?

C’est le cas le plus fréquent chez les sites internationaux, et c’est une information sur l’opérateur autant que sur votre argent.

Un site qui ne pratique aucune retenue au titre de la fiscalité congolaise se trouve dans l’une de deux situations. Soit il n’est pas enregistré comme exploitant en RDC et ne se considère pas comme redevable : la charge de la conformité ne pèse alors sur personne localement. Soit il s’estime redevable et règle la taxe sur ses propres marges, sans la répercuter sur vous.

Ce que vous y gagnez

  • À court terme, vous encaissez davantage sur chaque gain.
  • Aucune démarche fiscale ne vous est demandée à titre personnel.

Ce que ça coûte ailleurs

  • Un opérateur hors du dispositif national est aussi un opérateur sans interlocuteur administratif congolais le jour d’un litige.
  • La phase pilote de mise en conformité s’est achevée le 30 août 2026 ; des sanctions peuvent viser les exploitants non conformes, avec des conséquences possibles sur la continuité du service.

Ce n’est donc pas un simple bonus fiscal : l’absence de retenue est souvent le symptôme d’une absence de rattachement local, celle-là même qui vous laisse sans recours quand un retrait bloque.

Ce qu’il faut conserver

Si un jour la question se pose — auprès du support, d’un régulateur ou d’une banque — ce sont vos archives qui parlent.

Cette page décrit des textes publics et une pratique observable ; elle ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil juridique. Pour une situation personnelle, adressez-vous à un professionnel du droit fiscal congolais.

Sources officielles

Les obligations décrites sur cette page proviennent de textes et de communiqués publics. Voici où les lire directement.

Ces liens sortent de notre site. Nous ne contrôlons ni leur contenu ni leur disponibilité ; si l’un d’eux ne répond plus, signalez-le-nous et nous le retirerons.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l’impôt sur les gains de paris en RDC ?
La taxe ad valorem sur les gains est fixée à 10 %. Le taux et les modalités figurent dans l’arrêté ministériel n°024/CAB/MIN/FINANCES/2024 du 30 juillet 2024, pris en application de la loi de finances n°23/056 du 10 décembre 2023.
Est-ce au joueur de déclarer ses gains de paris ?
Non. Le redevable de cette taxe est l’exploitant : c’est lui qui calcule, retient et reverse au plus tard le 15 du mois suivant. Le joueur n’a pas de déclaration propre à ce titre, mais il en supporte l’effet lorsque la retenue est répercutée.
Pourquoi le montant crédité est-il inférieur au gain affiché ?
Trois causes se combinent souvent : les frais du portefeuille mobile, les conditions particulières d’un bonus en cours, et la retenue fiscale. Comparer la capture du pari gagnant avec l’historique de transactions permet d’isoler laquelle s’applique.
La taxe porte-t-elle sur le gain total ou sur le bénéfice net ?
L’arrêté fixe le taux et l’échéance, mais nous n’avons pas trouvé de document public précisant la base retenue pour les paris en ligne. Selon la lecture appliquée, le prélèvement porte sur le montant crédité ou sur le seul bénéfice une fois la mise déduite. Votre historique de transactions est la source la plus fiable.
Mon site ne retient rien : est-ce normal ?
C’est fréquent chez les opérateurs internationaux qui ne se considèrent pas comme exploitants enregistrés en RDC. Vous encaissez davantage, mais l’absence de rattachement local signifie aussi l’absence d’interlocuteur administratif congolais en cas de litige.
Que risque un opérateur qui ne paie pas cette taxe ?
Les sanctions relèvent de l’article 8 de l’ordonnance-loi n°18/003 du 13 mars 2018. Depuis la fin de la phase pilote de mise en conformité, le 30 août 2026, des mesures administratives peuvent viser les exploitants qui ne se sont pas identifiés auprès du ministère des Finances.