Presque tous les sites qui comparent les bookmakers congolais affichent un numéro à côté du nom de l’opérateur, et l’appellent licence. Regardez ce numéro de près : dans la plupart des cas, les lettres RCCM y sont écrites en toutes lettres. Le RCCM est le registre du commerce : il prouve qu’une société existe, pas qu’elle a le droit de prendre vos paris. Cette page démonte la confusion, montre qui délivre quoi à Kinshasa, et vous donne la méthode pour vérifier sans nous croire sur parole.
Ouvrez trois comparateurs de bookmakers congolais et vous verrez la même mise en scène : un nom d’opérateur, puis un numéro entre parenthèses, présenté comme la preuve que tout est en règle.
Le plus courant ressemble à CD/KIN/RCCM/14-B-2745. Il est attribué à 1xBet, dont l’exploitant local est présenté comme Advanced Gaming SARL. Sur son propre site congolais, l’opérateur va plus loin : il écrit que ce numéro lui a été délivré le 23 février 2018 par la Société nationale de loterie. D’autres guides, eux, écrivent exactement l’inverse : que 1xBet opère en RDC sous licence internationale de Curaçao, sans autorisation congolaise.
Les deux affirmations ne peuvent pas être vraies en même temps, et pourtant elles cohabitent dans la première page de résultats depuis des années. Personne ne tranche, parce que personne ne regarde ce que le numéro dit de lui-même.
Dans CD/KIN/RCCM/14-B-2745 : CD est le code du pays, KIN la ville d’immatriculation (Kinshasa), RCCM le Registre du commerce et du crédit mobilier, 14 l’année, B la catégorie des personnes morales. C’est un numéro d’immatriculation d’entreprise au sens de l’OHADA. Le mot licence n’y figure nulle part.
Avant le détail juridique, voici les trois opérateurs sur lesquels porte ce guide, avec ce que chacun publie sur son propre statut. Ce n’est pas un classement de conformité : pour comparer les titres eux-mêmes, allez au tableau des numéros.

Compte tenu en francs congolais et les trois portefeuilles mobiles du pays, avec une offre casino nettement plus large que celle de ses concurrents directs. Sur le plan du statut, l’opérateur ne publie aucun numéro congolais : nous le signalons plutôt que de combler le vide avec une supposition.

Le dossier le plus documenté des trois : société exploitante nommée, numéro d’immatriculation, licence de jeu et agent de paiement, tous publiés au pied de page. Le titre reste étranger, mais la chaîne est vérifiable de bout en bout.

Le plus utilisé du pays, et le seul à revendiquer un titre congolais : un numéro présenté comme délivré par la SONAL en 2018. Le format de ce numéro est celui du registre du commerce, et d’autres sources décrivent l’opérateur comme travaillant sous licence de Curaçao.
Un opérateur peut être premier sur la largeur du casino, deuxième sur la transparence du statut et troisième sur le délai de retrait. Fabriquer un classement unique reviendrait à cacher ces différences derrière un chiffre. Chaque page de ce site classe selon la question qu’elle traite, et le dit explicitement.
La confusion tient à ce que trois documents distincts circulent sous le même mot. Ils ne sortent pas du même bureau et ne protègent pas la même chose.
Le registre du commerce. Il établit qu’une société existe légalement, qui la dirige et où elle est domiciliée. Toute entreprise congolaise en a un, du salon de coiffure à la brasserie. Il ne dit rien de l’activité de jeu.
Le droit d’exercer une activité de jeu, assorti d’une taxe annuelle. C’est elle que l’administration réclame lors des contrôles, avec les preuves de paiement qui vont avec.
L’acte par lequel l’État reconnaît un opérateur de jeux et l’encadre. C’est le document qui donne une adresse à votre réclamation. C’est aussi celui dont la RDC est en train de refonder le régime.
La différence n’est pas théorique. Un opérateur peut être parfaitement immatriculé au RCCM, payer ses impôts, employer des Congolais, et n’avoir aucun titre spécifique l’autorisant à encaisser des paris en ligne. Rien de tout cela ne fait de lui une arnaque ; simplement, le numéro affiché ne prouve pas ce qu’on vous laisse croire qu’il prouve.
Un numéro RCCM répond à la question « cette société existe-t-elle ? ». Il ne répond jamais à la question « ai-je un recours si elle refuse de me payer ? »Le fond du problème, en une phrase
Voici les numéros publiés par les comparateurs francophones et par les opérateurs eux-mêmes, relevés en août 2026, avec la lecture de leur format.
| Opérateur | Numéro publié | Format | Ce que le numéro établit |
|---|---|---|---|
| 1xBet | CD/KIN/RCCM/14-B-2745 | RCCM Kinshasa | Immatriculation d’une société, année 2014 |
| Betwinner | CD/KNG/RCCM/19-B-01374 | RCCM | Immatriculation d’une société, année 2019 |
| Melbet | CD/KNG/RCCM/20-B-00938 | RCCM | Immatriculation d’une société, année 2020 |
| Betika | CD/KNM/RCCM/18-B-00092 | RCCM | Immatriculation d’une société, année 2018 |
| Casongo | CD/KNG/RCCM/21-B-003216 | RCCM | Immatriculation d’une société, année 2021 |
| Betpawa | CAB/MIN.FINANCES/2023/019 | Acte ministériel | Référence émanant du ministère des Finances |
| 22bet | CD/KIN/RCCM/14-B-2745 | RCCM Kinshasa | Le même numéro que 1xBet |
Le dernier rang n’est pas une coquille de notre part : un comparateur bien classé attribue le numéro CD/KIN/RCCM/14-B-2745 à la fois à 1xBet et à 22bet, dans la même liste, à quelques lignes d’écart. Une immatriculation RCCM identifie une seule personne morale ; deux marques distinctes ne peuvent pas la partager telle quelle. C’est le signe que ces numéros sont recopiés d’un site à l’autre sans que personne ne les ouvre.
Un seul format sort du lot : celui de Betpawa, CAB/MIN.FINANCES/2023/019. La structure renvoie à un acte du cabinet du ministre des Finances, c’est-à-dire précisément l’administration à qui la réforme du secteur a été confiée. Nous ne sommes pas allés jusqu’à certifier ce document, mais c’est le seul numéro de la liste dont la forme corresponde à ce qu’on attend d’une autorisation, et non à une inscription au registre du commerce.
Si la réponse est floue pour vous, c’est aussi parce qu’elle est disputée entre les administrations congolaises elles-mêmes. Trois acteurs revendiquent un rôle.
Cette superposition explique la contradiction que vous lisez partout. Un opérateur peut détenir un papier d’une administration et pas de l’autre, et chacune peut estimer que le sien fait foi. Le projet de loi relatif aux jeux d’argent et de hasard, adopté en Conseil des ministres, est en examen au Parlement ; c’est lui qui doit mettre fin au chevauchement. Tant qu’il n’est pas promulgué, le cadre applicable reste l’ordonnance-loi n°18/003 du 13 mars 2018 et l’arrêté interministériel de novembre 2019.
La réforme avance par communiqués successifs. Trois dates butoirs ont été fixées en douze mois, par deux administrations différentes.
Le communiqué du 5 mars 2026, signé du directeur de cabinet du ministre des Finances Alain Malata Kafunda, rappelait aux exploitants leurs deux obligations fiscales et fixait au 31 mars la date limite pour se faire identifier et déposer une demande d’agrément auprès de la Direction de la réglementation financière. La mesure a fait débat à Kinshasa, entre ceux qui y voyaient une étape de formalisation nécessaire et les exploitants qui redoutaient une pression fiscale de trop.
Le mécanisme a ensuite été prolongé : formulaire d’identification à transmettre avant le 31 juillet 2026, puis fin de la phase pilote le 30 août 2026, date à partir de laquelle des sanctions administratives peuvent être appliquées aux entreprises non conformes. Entre-temps, le ministère des Sports et Loisirs a lancé sa propre opération de contrôle, en réclamant autorisations d’exploitation, agréments et preuves de paiement des taxes.
Nous écrivons le 30 août 2026, le jour même de la dernière échéance. Ce qui suivra — sanctions effectives, liste publique d’opérateurs agréés, promulgation de la loi — n’est pas encore connu. Nous préférons le dire plutôt que de laisser croire que la situation est figée.
Quand un opérateur n’a pas de titre congolais, il met en avant sa licence de Curaçao. Reste à savoir ce qu’elle vous apporte, à Kinshasa ou à Lubumbashi.
Betwinner publie une chaîne complète et vérifiable : exploitant Prevailer B.V., immatriculée sous le numéro 149548, licence de jeu en ligne OGL/2024/341/0759, avec Harbesina B.V. (HE 405135, Chypre) comme agent de paiement. C’est plus de transparence que la moyenne du marché, et cela mérite d’être noté.
Autrement dit : une licence étrangère authentique vaut mieux qu’un numéro de registre du commerce présenté comme une licence. Mais aucune des deux ne vous donne ce que donnerait un agrément congolais en règle : une adresse à Kinshasa où déposer une réclamation.
Cinq minutes suffisent pour savoir si le numéro affiché sur un site est ce qu’on prétend. Aucune compétence juridique nécessaire.
S’il contient les lettres RCCM, c’est une immatriculation au registre du commerce. La question est réglée en trois secondes, sans rien ouvrir.
Le titre est délivré à une personne morale (Advanced Gaming SARL, Prevailer B.V.), jamais à un nom commercial. Un site qui affiche un numéro sans nommer la société derrière vous cache la moitié de l’information.
Copiez-le dans un moteur de recherche entre guillemets. S’il apparaît sous deux marques différentes, il est recopié, pas vérifié.
Les mentions légales sérieuses y figurent : raison sociale, numéro d’enregistrement, autorité, agent de paiement. Un pied de page qui affiche seulement un logo de régulateur, sans numéro, ne prouve rien.
Posez la question simplement : sous quelle autorisation congolaise le site accepte-t-il mes paris, et quel en est le numéro ? Gardez la réponse. Le jour d’un litige, un écrit de l’opérateur vaut plus qu’un tableau sur un comparateur.
Un guide qui ne dit jamais « nous ne savons pas » ne dit pas la vérité non plus. Voici les limites de ce travail.
Tant que les retraits passent, la question de la licence reste abstraite. Elle devient concrète le jour où un paiement bloque.
Avec un opérateur titulaire d’un agrément congolais en règle, votre réclamation a une adresse sur le territoire et une administration compétente pour la recevoir. Avec un opérateur qui ne s’appuie que sur une licence étrangère, la procédure existe mais elle est lointaine : écrite, en anglais, sans exécution possible en RDC. Avec un opérateur qui n’affiche qu’un numéro RCCM en guise de licence, vous n’avez ni l’un ni l’autre ; il vous reste le service client et la pression publique.
Les recours réellement disponibles depuis la RDC, dans l’ordre où il faut les tenter, et ce qu’il faut avoir conservé avant.
Voir la marche à suivreLa taxe ad valorem de 10 % sur les gains des joueurs : qui la paie, quand, et ce que vous devez voir apparaître.
Comprendre la taxeLes documents exigés avant un retrait et les erreurs qui bloquent un dossier pendant des semaines.
Préparer ses documentsTout ce qui précède se vérifie à la source. Le registre officiel, les textes applicables et les communiqués qui fixent le calendrier sont publics : nous en donnons les adresses plutôt que de vous demander de nous croire.
Ces liens sortent de notre site. Nous ne contrôlons ni leur contenu ni leur disponibilité ; si l’un d’eux ne répond plus, signalez-le-nous et nous le retirerons.